À l’occasion de la Journée internationale de la beauté et de l’esthétique, célébrée ce 9 septembre 2026, la Princesse Sarah Lunsadisa Ngamba, à travers sa structure, le Centre Culturel Mwasi Uzur’art, élève le débat au-delà des simples tendances esthétiques. Elle plaide pour la reconnaissance, la documentation, la protection et la transmission de la coiffure traditionnelle congolaise comme composante du patrimoine culturel immatériel de la République démocratique du Congo.
Dans une tribune parvenue à la rédaction d’Elitepresse, l’ambassadrice de la coiffure africaine pose les jalons de sa réflexion en s’interrogeant sur les origines, l’identité et la dimension symbolique de la coiffure congolaise.
« Et si une coiffure racontait bien plus qu’une histoire de beauté ? Et si, derrière une tresse, une technique de coiffage ou une manière de nouer les cheveux, se cachait une partie de l’histoire d’un peuple ? », s’interroge-t-elle.
Une beauté qui raconte une histoire

En République démocratique du Congo, la coiffure traditionnelle s’inscrit dans une histoire ancienne et plurielle. Dans de nombreuses communautés, les pratiques capillaires ont accompagné les étapes de la vie, les cérémonies, les appartenances communautaires et les différentes formes d’expression sociale.
La coiffure n’est donc pas qu’une pratique esthétique. Elle peut être un marqueur identitaire, un langage social, un savoir-faire artisanal et un véritable support de transmission culturelle.
Mais, comme de nombreux savoirs transmis principalement par la pratique et la mémoire, ces connaissances risquent progressivement de disparaître lorsqu’elles ne sont ni documentées, ni enseignées, ni valorisées.
C’est précisément sur cet enjeu que repose le plaidoyer de la Princesse Sarah Lunsadisa Ngamba, fondatrice du Centre Culturel Mwasi Uzur’art et ambassadrice de la coiffure traditionnelle africaine.
L’objectif, explique-t-elle en substance, n’est pas d’opposer tradition et modernité, mais de permettre à la tradition d’entrer dans la modernité sans perdre son sens.
Reconnaître la coiffure traditionnelle comme patrimoine, c’est créer les conditions pour collecter les connaissances détenues par les anciennes générations, identifier les techniques, documenter leurs significations, former de nouveaux praticiens et transmettre ces savoirs aux jeunes.
C’est aussi reconnaître le rôle des femmes qui, depuis des générations, constituent les principales détentrices et transmetteuses de ces pratiques.
Un patrimoine, mais aussi une opportunité

Au-delà de la conservation culturelle, ce plaidoyer ouvre une réflexion sur l’économie culturelle. La coiffure traditionnelle peut devenir un secteur structuré autour de la formation professionnelle, de l’artisanat, de la création artistique, de la recherche, de l’événementiel, du tourisme culturel, de la mode et de l’entrepreneuriat féminin et des jeunes.
Investir dans ce patrimoine ne signifie donc pas seulement préserver le passé. C’est également investir dans des compétences, des emplois, des créateurs et des entreprises culturelles capables de participer à l’économie nationale.
La reconnaissance institutionnelle pourrait notamment favoriser la création de centres de documentation, d’archives, d’expositions, de programmes de formation et de plateformes consacrées aux savoir-faire capillaires congolais.
À travers son plaidoyer, le Centre Culturel Mwasi Uzur’art invite ainsi les pouvoirs publics, les universités, les musées, les centres culturels, les chercheurs, les médias, les entreprises et les partenaires au développement à considérer la coiffure traditionnelle comme un véritable sujet culturel et patrimonial.
L’ambition est de documenter les savoir-faire et leurs significations, préserver les techniques menacées de disparition, transmettre les connaissances aux nouvelles générations, professionnaliser les artisans, valoriser les femmes détentrices de ces savoir-faire et encourager la recherche scientifique et culturelle.
La Princesse Sarah Lunsadisa Ngamba estime également que cette dynamique peut contribuer au rayonnement de la création congolaise, tant au niveau national qu’africain et international.
Faire de l’héritage un patrimoine vivant

La République démocratique du Congo possède une richesse culturelle considérable qui mérite d’être davantage documentée et structurée. La coiffure traditionnelle peut devenir l’un des vecteurs de ce rayonnement, en racontant la diversité culturelle congolaise dans les écoles, les musées, les festivals, les universités, les espaces touristiques et les grandes rencontres culturelles.
Elle peut aussi permettre à la RDC de porter un autre regard sur la beauté africaine : une beauté qui ne se contente pas d’être regardée, mais qui est comprise, étudiée, transmise et valorisée.
Pour la Princesse Sarah Lunsadisa Ngamba, la réflexion va finalement au-delà de la coiffure : que choisissons-nous de considérer comme beau ? Qui définit nos standards de beauté ? Et que transmettons-nous lorsque nous transmettons une pratique esthétique ?
Célébrer la beauté congolaise ne devrait donc pas uniquement consister à admirer ses formes contemporaines. C’est aussi reconnaître les histoires, les gestes et les savoir-faire qui ont contribué à la construire.
Le Centre Culturel Mwasi Uzur’art entend ainsi inscrire la coiffure traditionnelle dans une dynamique nouvelle : celle d’un patrimoine vivant, capable de dialoguer avec la création contemporaine, l’éducation, la recherche et l’économie culturelle.
L’objectif n’est pas de figer la coiffure congolaise dans le passé, mais de lui donner les moyens de continuer à vivre.
Car lorsqu’un savoir-faire est transmis, il ne disparaît pas : il se transforme, se réinvente et continue de raconter l’identité de ceux qui le portent.
À l’occasion de cette Journée internationale de la beauté et de l’esthétique, le plaidoyer est donc lancé : que la coiffure traditionnelle congolaise soit davantage documentée, protégée, transmise, reconnue et valorisée comme patrimoine culturel.
« Préserver nos coiffures, c’est aussi préserver une partie de notre histoire. »
À travers cette démarche, le Centre Culturel Mwasi Uzur’art affirme sa volonté de faire de la beauté africaine un espace de valorisation de l’identité, du patrimoine, des savoir-faire et de l’autonomisation des femmes et des jeunes.
Princesse Sarah Lunsadisa Ngamba
Ambassadrice de la coiffure traditionnelle africaine
Fondatrice du Centre Culturel Mwasi Uzur’art