Alors que la chaîne humaine arpentait le long du boulevard Lumumba, à hauteur des 12e et 11e rues de Limete, les leaders de la C64, accompagnés de leurs militants, ont été attaqués par des militants pro-gouvernementaux, communément appelés la « Force du Progrès ». Une tension qui a duré plus de 30 minutes entre les deux camps. La police antiémeute, déployée sur place, a tenté de ramener le calme en faisant usage de gaz lacrymogènes et de quelques coups de feu. Pour l’heure, aucune perte en vie humaine n’a été signalée. Plusieurs personnes ont toutefois été blessées, notamment l’opposant Martin Fayulu.
Arrivé sur place à bord d’un véhicule rouge, communément appelé « Ketch », le leader de l’ECiDé s’en est violemment pris aux forces de l’ordre, leur reprochant d’avoir laissé la « Force du Progrès » interrompre leur marche pacifique.
Selon lui, la police et l’autorité urbaine avaient donné leur accord à la manifestation avant de leur tendre, finalement, un véritable guet-apens.
« Vous êtes des malades mentaux, vous nous avez tendu un guet-apens. Vous avez laissé la Force du Progrès venir avec les machettes et vous tirez des gaz lacrymogènes. C’est grâce à Dieu que je suis là », a-t-il déclaré.
La C64 avait appelé ses militants à manifester massivement ce 15 septembre 2026 à travers la RDC pour dire non à tout changement de la Constitution, mais également pour s’opposer à la loi portant organisation du référendum, renvoyée à l’Assemblée nationale par le président de la République.
La mobilisation devait démarrer dans plusieurs points stratégiques de Kinshasa, notamment à l’Échangeur de Limete et au rond-point Molaert, avec pour point de chute le siège de l’ECiDé.
Jean-Marc Kabund dénonce une attaque

De son côté, Jean-Marc Kabund a réagi via son compte X, estimant que leur marche avait été perturbée par la « Force du Progrès », qu’il accuse d’avoir bénéficié du soutien de la police congolaise.
« Nous avons marché pacifiquement aujourd’hui pour défendre notre Constitution et notre démocratie. En réponse, la Force du Progrès, avec l’appui de la police, a attaqué notre cortège à l’aide de machettes et d’autres armes blanches », a-t-il dénoncé.
Une mobilisation qui ne faiblit pas
Le leader de l’Alliance pour le changement a, d’un ton ferme, appelé ses militants à ne pas baisser les bras face à ce qu’il qualifie d’actes de confiscation de la démocratie et de la Constitution.
« Nous refusons de vivre sous la peur et l’intimidation. Notre peuple est debout et ne reculera pas ! Plus que jamais, restons mobilisés, unis et pacifiques pour faire échec à toute tentative de confiscation de notre démocratie et de notre Constitution », a-t-il martelé.
Par ailleurs, dans d’autres villes du pays, notamment à Lubumbashi, Kalemie et Mbuji-Mayi, des membres de la C64 auraient été interpellés alors qu’ils tentaient de briser l’interdiction imposée par les autorités provinciales.
Selon les informations rapportées, ces interpellations seraient intervenues dans le cadre des tentatives de mobilisation de la C64 dans ces différentes villes.
Une plainte en gestation contre les autorités congolaises
Après une arrivée titubante au siège de son parti politique, Martin Fayulu s’est adressé à la presse. Il a annoncé l’arrivée d’une plainte au niveau national et international contre le chef de l’État et le gouverneur de la ville de Kinshasa, pour les abus qu’il affirme avoir subis.
Pour rappel, la C64 avait annoncé, dans un passé récent, son intention de porter plainte contre le chef de l’État aux niveaux national et international. Mais cette action n’a, jusqu’à ce jour, pas été concrétisée.
Après ces nouveaux incidents, va-t-elle finalement passer à l’action ? Qui vivra verra !
La Rédaction