À l’Université de Kinshasa, une nouvelle initiative portée par les étudiantes entend promouvoir le leadership féminin. À travers la structure « Éminence Femme UNIKIN », ces jeunes universitaires veulent encourager l’émergence d’une génération de femmes compétentes, capables de briser les stéréotypes et de s’affirmer dans la société.
L’Université de Kinshasa a vibré ce mercredi 11 mars 2026 au rythme du lancement officiel de la Ligue des femmes de l’Université de Kinshasa, dénommée « Éminence Femme UNIKIN ».
Cette initiative, portée par les étudiantes de la colline inspirée, vise à comme objectif: « accompagner l’émergence d’une génération de femmes compétentes », a déclaré Nafoy KABEY Aïsha, présidente de la structure.
L’événement a réuni des figures du monde universitaire, des acteurs du secteur privé ainsi que des entrepreneurs venus soutenir cette initiative sur la promotion de la masculinité positive et du leadership féminin.
Dans une société où les stéréotypes à l’égard des femmes continuent de persister au détriment de leurs compétences et de leurs capacités, l’Organisation des Nations Unies(ONU) a placé ce mois sous le thème : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ». Cette orientation vise à mettre en lumière la nécessité de démanteler les obstacles structurels, combler les disparités juridiques et garantir l’égalité des droits ainsi que l’accès à la justice pour toutes les femmes, sans exception.
C’est dans cette dynamique que les étudiantes de cet établissement se sont réunies pour donner naissance à cette plateforme destinée à valoriser les compétences féminines, transmettre le savoir et former une nouvelle génération de leaders.
L’éveil du leadership féminin au cœur des échanges
Placée sous le thème « Éveil du leadership féminin chez la jeune fille congolaise », la conférence a réuni plusieurs intervenants autour cet enjeu crucial.
Parmi les intervenants, Patrick Onoya a abordé la question de l’apport de la formation académique et de l’engagement citoyen dans la construction du leadership féminin.
Selon lui, le leadership ne doit pas être perçu comme une notion réservée aux hommes.
« Le leadership n’est pas masculin, le leadership est un état d’esprit », a-t-il affirmé.
Le conférencier a également insisté sur l’importance de certaines qualités essentielles telles que la confiance en soi, la maîtrise de soi et la motivation, qu’il considère comme des piliers fondamentaux du leadership et éléments constitutifs de l’intelligence émotionnelle.
« Lorsqu’on aspire à être leader, il faut maîtriser l’intelligence émotionnelle. Un leader doit être capable d’utiliser ses émotions et celles des autres de manière constructive afin d’atteindre un objectif », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, il a exhorté les étudiants à faire preuve d’abnégation dans leurs études et à s’exercer régulièrement à la prise de parole en public. « Vous devez considérer vos études comme la bataille de votre vie, celle de l’affirmation de soi et de l’assurance. Il est important de s’exercer à la prise de parole en public », a-t-il souligné.
Briser les stéréotypes tout en restant authentique
Intervenant comme deuxième conférencière, Sonya Pembe a axé son intervention sur la manière de briser les stéréotypes tout en conservant son authenticité.
Évoquant son expérience dans différentes initiatives numériques et son influence sur les réseaux sociaux, elle a appelé les femmes à devenir des vecteurs de valeurs positives.
« Aujourd’hui, le leadership ne se limite plus à l’occupation d’un poste politique ou administratif. Une leader est aussi une femme capable de transmettre de bonnes valeurs et de s’engager positivement grâce à son influence », a-t-elle expliqué.
Elle a également encouragé les jeunes femmes à assumer pleinement leur identité sans chercher à imiter les autres, estimant que c’est de cette manière que les stéréotypes peuvent être brisés.
À l’issue de la conférence, les participants ont exprimé leur satisfaction et leur motivation à s’engager dans cette dynamique de leadership.
« J’ai retenu que le leadership n’est pas l’apanage des hommes, mais un état d’esprit. En tant que femmes, nous devons oser, car nous sommes capables de devenir des leaders », a témoigné une participante.
La présidente de la structure a également annoncé la volonté d’étendre cette initiative à d’autres universités congolaises ainsi qu’à plusieurs établissements d’enseignement, afin de promouvoir davantage le leadership féminin auprès de la jeunesse.
La Rédaction