Dialogue national : Fayulu propose, Seth Kikuni rejette

Le débat sur l’opportunité d’un dialogue national ravive les lignes de fracture au sein de l’opposition congolaise. Tandis que Martin Fayulu appelle à des assises pour sortir de la crise, Seth Kikuni exige des garanties préalables, estimant que le contexte actuel ne permet ni transparence ni légitimité.

Si Martin Fayulu est favorable à l’organisation d’un dialogue dans un contexte politico-sécuritaire tendu, Seth Kikuni, autre figure de l’opposition, n’adopte pas la même posture.

Ce 26 février 2026, à travers son compte X, le président du parti Piste, depuis son lieu d’exil, n’a pas caché son désaccord face aux sept points proposés par le leader de Lamuka, qui devraient faire l’objet d’un dialogue. Il a déclaré à ce sujet :« Aucun dialogue ne saurait se tenir ni produire de résultats crédibles dans un contexte marqué par la répression, l’injustice et la privation des droits fondamentaux. » Il a ensuite évoqué des préalables, à savoir : Un cessez-le-feu ;La cessation de toute répression visant à intimider, réduire au silence ou exclure les voix dissidentes ;La libération des prisonniers politiques et d’opinion ;La levée des condamnations à caractère politique et le rétablissement des droits civiques et politiques des acteurs concernés ;La restitution des passeports et le rétablissement effectif de la liberté de circulation des acteurs politiques et sociaux ;L’annulation des procédures judiciaires à caractère politique, la levée des mandats d’arrêt et la réparation des préjudices subis.

Dans sa déclaration, l’ex-candidat à l’élection de 2023 estime que les conditions actuelles ne sont pas claires et qu’un tel dialogue ne saurait être légitime. « L’opposition n’ira pas au dialogue si celui-ci ne repose pas sur des conditions préalables claires, crédibles et vérifiables, seules à même d’en garantir la légitimité, l’efficacité et l’acceptabilité par toutes les parties », a-t-il insisté.

Il ajoute :« Le dialogue ne peut être un instrument de légitimation du statu quo, ni un exercice de façade destiné à masquer la persistance des pratiques contraires aux principes démocratiques. »

Depuis Mobutu Sese Seko, en passant par Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila jusqu’à aujourd’hui, l’opposition congolaise a souvent été confrontée à des guerres de positionnement. Cette divergence entre les deux ténors reflète une difficulté récurrente à fédérer autour d’un objectif commun.Plusieurs observateurs craignent que l’histoire ne se répète.

La Rédaction

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