Le Parlement des étudiants a tenu, ce 6 octobre 2026, une session extraordinaire consacrée aux 30 ans de guerre et d’instabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo. Placée sous le thème « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité : notre responsabilité pour l’avenir », cette session était axé sur la conscience historique, la justice et la paix dans la partie orientale du pays.
Dans son mot d’ouverture, le président du Parlement des étudiants, André Kakubu, a fixé le cadre de cette rencontre, mettant l’accent sur la nécessité de comprendre l’histoire des conflits et de réfléchir aux mécanismes susceptibles de favoriser une paix durable.
La rencontre a réuni plusieurs personnalités, parmi lesquelles Martin Fayulu, Didier Mumengi et le docteur Denis Mukwege, qui ont développé différents sous-thèmes autour de la justice, de la paix et de la responsabilité collective.
Un rappel historique sur les violences en RDC

Didier Mumengi, écrivain et ancien ministre d’information sous Laurent-Désiré Kabila, a livré un rappel historique des atrocités commises contre les populations congolaises depuis l’époque de l’État indépendant du Congo.
Il a notamment évoqué les dénonciations de l’historien américain George Washington Williams, considéré comme l’un des premiers à avoir alerté l’opinion sur les massacres et les violences liés à l’exploitation du caoutchouc au Congo.
L’ancien ministre a également insisté sur les conséquences psychologiques laissées par ces violences au sein de la population. Pour lui, l’organisation d’un « procès expiatoire » pourrait constituer une voie vers la guérison, la réparation et la réconciliation avec cette histoire douloureuse.
Martin Fayulu plaide pour quatre piliers de la paix

De son côté, Martin Fayulu a axé son intervention sur « la paix comme levier du développement : diagnostic et pistes de solution ».
L’ancien candidat à la présidentielle de 2018 et de 2023 a relevé le paradoxe d’un pays doté d’importantes ressources naturelles, mais confronté à une pauvreté persistante, à la fragilité institutionnelle et à l’insécurité.
« Comment expliquer qu’un pays qui possède certaines des ressources naturelles les plus importantes de la planète puisse être en même temps l’un des pays les plus pauvres, les plus fragiles et les plus meurtriers du monde ? », s’est-il interrogé.
Se présentant toujours comme le « président élu », Martin Fayulu a identifié plusieurs facteurs à la base de cette situation, notamment la faiblesse des institutions, la mauvaise exploitation des ressources naturelles et les liens entre l’État et les groupes armés.
Il a ainsi proposé quatre piliers fondamentaux pour permettre à la RDC de retrouver le chemin de la paix : la sécurité, la justice, la construction d’institutions solides et le dialogue.
Denis Mukwege tire une sonnette d’alarme
Ne pouvant pas effectuer le déplacement depuis la Belgique, le docteur Denis Mukwege a participé à la session à distance. Dans son intervention, il a appelé les autorités congolaises à prendre leurs responsabilités afin de garantir la paix et la sécurité de la population.
Le prix Nobel de la paix a également interpellé la communauté internationale sur sa passivité face aux violences persistantes dans l’Est de la RDC.
La session s’est poursuivie par une séance de questions-réponses entre les intervenants et les parlementaires permanents. À l’issue des échanges, le bureau du Parlement des étudiants a annoncé l’élaboration de recommandations destinées aux autorités, notamment sur la situation sécuritaire et la question de la paix dans l’Est du pays.
La Rédaction