Les États-Unis ont annoncé, le 2 mars 2026, des sanctions ciblées contre quatre hauts responsables militaires rwandais accusés de soutenir l’AFC/M23 dans l’est de la RDC. Washington exige le retrait immédiat des forces rwandaises et entend faire pression pour le respect de l’accord de paix signé en novembre 2025.
Le département du Trésor américain a annoncé, ce 2 mars 2026, dans un communiqué, des mesures restrictives prises par l’OFAC (Bureau de contrôle des avoirs étrangers), un organisme placé sous sa tutelle, contre de hauts responsables militaires rwandais et les RDF. « À la suite des décisions annoncées aujourd’hui, tous les biens et intérêts détenus aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains appartenant aux individus visés sont gelés et doivent être déclarés à l’OFAC », précise le communiqué officiel.
Ces gels d’avoirs concernent des figures clés des Forces de défense rwandaises, à savoir : Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de la RDF ; Ruki Karusisi, major général et commandant de la 5ᵉ division d’infanterie ; Mubarakh Muganga, chef d’état-major de la défense ; et Stanislas Gashugi, commandant des forces spéciales.
D’après le document consulté par la rédaction d’Elitepresse, ces officiers auraient joué un rôle actif en fournissant un appui militaire et logistique et en assurant la formation au combat des éléments de l’AFC/M23, jusqu’à la prise de territoires congolais tels que Goma, Bukavu et d’autres localités. Une avancée ayant contribué à l’instabilité régionale, à des exactions contre les civils, à une crise majeure de déplacements et à un risque d’embrasement du conflit avec le Burundi.
Pour Washington, cette implication constitue une atteinte à la souveraineté de la RDC. « Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements de la Rwanda Defence Force », a déclaré Scott Bessent, secrétaire au Trésor des États-Unis.
En outre, les autorités américaines précisent que les entités détenues, directement ou indirectement, à 50 % ou plus par les personnes désignées sont également bloquées. « Sauf autorisation spécifique, la réglementation en vigueur interdit toute transaction effectuée par des citoyens américains ou transitant par le territoire des États-Unis impliquant des avoirs appartenant aux individus concernés », indique le texte.
L’administration américaine a également averti les ressortissants étrangers et nationaux, ainsi que les institutions financières, contre toute tentative de contournement de ces restrictions. « Les violations peuvent entraîner des poursuites civiles ou pénales. Les établissements financiers et autres acteurs s’exposent également à des mesures punitives en cas de transactions impliquant des personnes inscrites sur la liste », précise encore le communiqué.
Selon Washington, l’objectif de ces dispositions est d’apaiser les tensions et de garantir le respect de l’accord de Washington signé en novembre 2025 entre la RDC et le Rwanda, considéré comme un cadre pour le retour à la paix. « Le but ultime n’est pas de punir, mais d’obtenir un changement positif de comportement », conclut le secrétaire au Trésor.
Dans un climat marqué par des violations répétées du cessez-le-feu entré en vigueur le 18 février 2026, à l’initiative de l’Angola, ce signal fort des États-Unis aura-t-il un effet concret sur le terrain et conduira-t-il Kigali à mettre fin à son soutien à l’AFC/M23 et à honorer ses engagements ?
L’avenir le dira
La Rédaction