Dialogue RDC : le gouvernement congolais doit arrêter de danser le tango

Alors que la classe politique congolaise appelle à un dialogue national inclusif, Patrick Nkanga Bekonga, cadre du PPRD, dénonce l’attitude hésitante et minimaliste du gouvernement. Selon lui, le pays “joue au tango” pendant que la crise s’aggrave.

Patrick Nkanga, rapporteur du bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a dénoncé une attitude minimaliste du gouvernement congolais concernant la tenue d’un dialogue national, ce 10 février 2026.« Le Gouvernement de la République ne doit pas appréhender le dialogue inclusif, souhaité par une large frange de la classe politique et de la société civile, comme un cadeau ou une latitude qu’il leur consent. Il s’agit d’une voie de résolution des conflits salutaire, qui ne doit ni être ignorée ni minimisée », a-t-il écrit sur son compte X.

Et d’ajouter :« Le Gouvernement dialogue déjà avec le Rwanda et les groupes armés à travers différents processus. Dans cet ordre d’idées, les arguments avancés par le porte-parole du Gouvernement, visant à minimiser la portée d’un dialogue global et inclusif entre Congolais, ne répondent à aucune logique et apparaissent incohérents au regard des démarches entreprises jusqu’à présent et des convenances définies avec les parties concernées. »

Selon ce cadre de l’ex-parti présidentiel, les positionnements instables de l’exécutif aggravent la situation sur le terrain. « Le Gouvernement joue au tango, avançant d’un pas pour reculer de l’autre ; la crise, quant à elle, s’enlise, se normalise et s’étend. Se limiter aux discours du président Donald Trump comme solution à la crise multiforme que nous traversons, c’est mal appréhender la problématique du moment », a-t-il expliqué.

Depuis plusieurs mois, la classe politique congolaise ne jure que par la tenue d’un dialogue, considéré comme la seule solution pour trouver une issue aux problèmes du pays. Lors du sommet National Prayer Breakfast aux États-Unis, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, aurait relégué cette initiative au second plan. Cette déclaration a été vivement critiquée par Patrick Nkanga.Au cours du même sommet, le président de la République a rencontré Martin Fayulu, un défenseur de l’inclusivité du dialogue. Leur échange d’une heure a permis d’aborder les modalités de participation et les animateurs des pourparlers.

Dans le même cadre, le chef de l’État aurait confié au président angolais João Lourenço la mission de consulter les acteurs politiques congolais afin de trouver un consensus pour la tenue de cette rencontre politique.Comme le disent les latinistes, « Vox populi, vox Dei » — la voix du peuple est la voix de Dieu. Reste à voir si le chef de l’État saura écouter cet appel au dialogue.

La Rédaction

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