Les sénateurs américains Jim Risch et Jeanne Shaheen, respectivement président et membre de rang du Comité des affaires étrangères du Sénat, estiment que le retrait de l’armée rwandaise du sol congolais constitue une obligation pour la restauration de la paix dans l’est de la RDC. Les deux élus du Capitole ont également appelé l’administration Trump à imposer des sanctions contre la partie qui ne respect pas les Accords de Washington.
En visite officielle aux États-Unis, le président Félix Tshisekedi a été reçu ce 4 février 2026 par les membres du Comité des affaires étrangères du Sénat, Jim Risch et Jeanne Shaheen. Dans une déclaration, ils ont posé comme condition à une paix durable le retrait des forces rwandaises opérant sous couvert du M23 des territoires qu’elles occupent. « Nous avons exprimé notre vive préoccupation face à l’occupation persistante de certaines parties de l’est du Congo par le groupe M23, soutenu par le Rwanda, et insisté sur l’urgence d’un retrait total des forces rwandaises de la région, condition sine qua non d’une paix véritable et durable. La catastrophe humanitaire qui frappe l’est de la RDC, où 26 millions de personnes sont confrontées à une grave insécurité alimentaire, est intolérable. Les femmes, les enfants et les communautés minoritaires ne peuvent rester les victimes collatérales de ce conflit », ont-ils déclaré.
Concernant le non-respect des Accords de Washington signés entre la RDC et le Rwanda, les deux parlementaires américains ont plaidé pour des sanctions à l’encontre des contrevenants. « Nous avons été heureux d’accueillir le président Félix Tshisekedi au Capitole pour discuter des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, ainsi que de l’avenir des relations bilatérales entre les États-Unis et la RDC. Le soutien bipartisan des États-Unis doit se traduire par des efforts concrets de toutes les parties pour honorer leurs engagements. Des mesures doivent être prises contre ceux qui les ont déjà violés afin de dissuader toute récidive », ont-ils ajouté.
Invitée aux côtés de plusieurs pays africains détenteurs de minerais critiques (coltan, lithium, cobalt, nickel, cuivre, uranium et terres rares), la RDC a profité de cette rencontre pour renforcer son partenariat avec les États-Unis. Kinshasa a également réitéré son appel à des investissements dans la revitalisation du corridor de Lobito, dans l’objectif de développer une économie gagnant-gagnant dans la région et de promouvoir une collaboration à long terme entre l’Afrique et les États-Unis.
Par ailleurs, les sénateurs américains ont appelé le gouvernement congolais à assumer ses responsabilités en matière de dialogue national et de gestion des groupes armés, notamment les FDLR et les Wazalendo. « Afin de garantir une stabilité durable, la RDC doit contribuer à la désescalade du conflit en prenant des mesures décisives contre les FDLR et les milices violentes de Wazalendo qui s’en prennent aux populations locales. Nous espérons qu’à l’issue de cette visite, la RDC s’engagera de nouveau dans un dialogue national crédible afin de renforcer la cohésion politique et consolider l’avenir de notre partenariat bilatéral », ont-ils conclu.
La Rédaction