Le parti politique Envol, réputé pour son opposition au régime de Kinshasa, a mis en garde les autorités congolaises contre l’organisation d’un dialogue qu’il qualifie de « dialogue de circonstance »
Ce 3 février 2026, Envol a dénoncé les conditions posées par le président Félix Tshisekedi pour la tenue d’un dialogue politique.Dans une déclaration publique, la formation politique dirigée par Delly Sesanga affirme :« L’ENVOL met en garde contre les dialogues de circonstance, utilisés comme des outils conjoncturels destinés à désamorcer des pressions internes ou externes, à renforcer un pouvoir, sans volonté réelle de réforme ni remise en question des pratiques de gouvernance. Ceux qui invoquent la légitimité des institutions pour restreindre le dialogue s’enferment dans un déni politique, dès lors qu’à l’horizon 2028, aucune institution ne saurait durablement prospérer sur le terrain de la légitimité en dehors du renouvellement démocratique issu des élections. »
Le parti ajoute :« L’ENVOL considère que la proposition de dialogue politique sous conditions ne répond ni aux exigences démocratiques ni aux attentes légitimes du peuple congolais. »
Rappel des faits
Le 31 janvier dernier, lors de la cérémonie d’échange de vœux avec les diplomates accrédités en République démocratique du Congo, le chef de l’État a fixé les conditions du dialogue en ces termes :
« Le dialogue doit se tenir entre Congolais. Il sera conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution. Le dialogue ne doit pas servir de substitut aux obligations internationales. Il ne peut être invoqué pour relativiser une agression ni pour diluer des responsabilités établies. La justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout et sans complaisance, afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de l’agression. Pas de dialogue avec ceux qui ont commis des crimes contre nos populations. »
Cette prise de position suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise.À ce stade, aucune réaction officielle de la présidence n’a été rendue publique.
La rédaction