De l’exil où il se trouve, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo a fait une apparition médiatique ce 28 janvier 2026 sur les antennes de la chaîne française TV5 Monde, où il était l’invité du Journal de l’Afrique.
Interrogé sur sa condamnation par la justice congolaise, le leader du parti politique Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) a affirmé n’avoir jamais été condamné.
« Du point de vue du droit, je n’ai jamais été condamné, parce que la Constitution congolaise exige que tous les citoyens soient jugés conformément à la loi, ce qui n’a pas été le cas », a-t-il précisé.
Allant plus loin, Matata Ponyo a qualifié son jugement d’acte tribal :
« Je n’ai été jugé que par des personnes appartenant à la tribu du président de la République. Le premier juge était du Kasaï, le deuxième juge était du Kasaï, le juge de la Cour de cassation était également du Kasaï. C’est un jugement tribalo-ethnique », a-t-il affirmé.
Pour rappel, l’ancien député national a été condamné par la Cour constitutionnelle, le 20 mai 2025, à une peine de « dix ans de travaux forcés » pour le détournement présumé de 247 millions de dollars américains destinés à la construction du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.
Les faits remontent à la période où l’élu du Maniema était chef du gouvernement. Après son départ du pouvoir en 2016, l’Inspection générale des finances (IGF) a établi, en 2020, un rapport faisant état de la disparition de 205 millions de dollars, sur un total de 285 millions décaissés par le Trésor public pour la réalisation de ce projet, qui devait s’étendre sur 256 kilomètres, au sud-est de Kinshasa.
Par ailleurs, il convient de noter que l’ancien ministre des Finances, après avoir quitté clandestinement le pays, a rejoint le mouvement « Sauvons le Congo », une plateforme politique proche de Joseph Kabila, considérée par le gouvernement de Kinshasa comme un mouvement défendant les intérêts rwandais.
NMD