Réuni ce 16 février 2026 autour de la cheffe du gouvernement, l’exécutif assure que les opérations de paie se poursuivent malgré les retards signalés dans plusieurs provinces, tandis que des voix critiques évoquent des fragilités budgétaires.
À l’issue d’une réunion présidée par la cheffe du gouvernement ce 16 février 2026 sur la situation économique, notamment l’état de la paie des agents publics, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rassuré les fonctionnaires quant à la poursuite des opérations de paiement, dont la clôture est prévue dans trois jours.
Cette rencontre a réuni également le ministre du Budget, le gouverneur de la Banque centrale et le ministre des Mines. L’argentier national a assuré que la situation économique reste sous contrôle et que le gouvernement dispose des ressources nécessaires pour honorer ses engagements.
Selon Doudou Fwamba, « le retard observé dans le paiement des salaires de janvier est dû à des ajustements techniques habituels en début d’année (nouvelles mécanisations et mises à jour des fichiers), aggravés par des contraintes sécuritaires, imposant un paiement progressif », a-t-il expliqué.
À Kinshasa et dans plusieurs provinces, des retards sont toutefois signalés dans le paiement des salaires des agents de l’État au niveau de certaines banques. Depuis le 28 janvier, la priorité a été accordée aux militaires, policiers et enseignants à Kinshasa, contraignant d’autres catégories de fonctionnaires à patienter davantage.
Certains observateurs attribuent cette situation à une politique monétaire mal maîtrisée de la Banque centrale du Congo, qui aurait injecté des millions de dollars pour stabiliser le franc congolais alors en forte dépréciation.Le député national Gode Mpoyi, professeur d’économie, avait déjà alerté sur un déficit budgétaire dès le début du mois de janvier. Selon lui, la gestion des recettes publiques risque d’être sérieusement affectée, au détriment des fonctionnaires.
Face à cette situation, l’opinion publique s’interroge : ces tensions de trésorerie étaient-elles réellement inévitables ? Certains estiment que si les signaux d’alerte lancés dès janvier avaient été pris en compte, les fonctionnaires n’auraient peut-être pas eu à subir les conséquences de ces ajustements. Le débat sur la gouvernance économique et l’anticipation budgétaire reste donc ouvert.
La Rédaction