Selon plusieurs sources concordantes, notamment l’agence britannique Reuters, la ville d’Uvira serait actuellement sécurisée par une agence paramilitaire privée américaine, « Blackwater ». Cette société, appartenant à Erik Prince, aurait procédé à un déploiement discret de contractants armés et de drones en République démocratique du Congo afin de soutenir les Forces armées de la RDC (FARDC).Connue pour son recours à des mercenaires, Blackwater s’est illustrée dans le milieu militaire et sécuritaire à travers ses interventions en Irak et en Afghanistan. D’après des sources proches du dossier, ces activités auraient pour objectif de dissuader toute nouvelle attaque des rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise.
Présente en RDC depuis plus de trente ans sous différentes appellations notamment CNDP, RCD, M23 et aujourd’hui AFC/M23, l’armée rwandaise avait conquis la ville stratégique d’Uvira en décembre dernier. Cette énième occupation, intervenue après la prise de Goma et de Bukavu, n’a cependant pas duré, en raison de pressions américaines ayant contraint les forces en présence à se retirer.
Malgré ce retrait sous menace, les velléités rwandaises ne se seraient pas estompées. Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026, l’aéroport international de Bangoka aurait été la cible d’une attaque menée par huit drones kamikazes, envoyés par l’armée rwandaise et ses supplétifs, selon les FARDC. Face à cette situation, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a dénoncé une violation « grave » du droit international humanitaire.
Cette région, scandaleusement riche en matières premières, demeure depuis longtemps l’objet de convoitises.La prétendue présence actuelle des mercenaires de Blackwater s’inscrirait dans un cadre plus large, qualifié par Reuters d’« accord minerais contre sécurité » signé entre la RDC-USA. Pour l’instant, aucun responsable américain n’a reconnu l’existence d’un contrat établi avec cette agence paramilitaire ou avec son propriétaire.
En revanche, les États-Unis ont manifesté leur volonté de contribuer à la fin du conflit. Les récents accords conclus à Washington ainsi que la supervision des pourparlers à Doha démontrent l’intérêt marqué de l’administration Trump pour le rétablissement de la paix dans la partie orientale de la RDC. Cette dynamique s’inscrirait également dans la perspective d’une exploitation mutuellement avantageuse (« win-win ») des minerais critiques congolais.
La Rédaction