Devant les militants de l’UDPS, au siège du parti présidentiel à Limete, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, a révélé une conversation qu’il aurait eue avec l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, dans une résidence de Gombe, à la demande du sénateur Afani Idrissa Mangala. Il s’est exprimé en lingala, l’une des quatre langues nationales de la RDC.« Matata m’a exprimé sa volonté de travailler avec le président de la République. Il a dit qu’il voulait l’aider et qu’il était disponible pour l’accompagner. Mais ce sont les poursuites judiciaires auxquelles il faisait face qui le dérangeaient », a-t-il déclaré.
Après l’avoir écouté, poursuit Kabuya, il a présenté son rapport au chef de l’État, lequel aurait refusé de s’immiscer dans les affaires de justice.« Secrétaire général, nous nous sommes battus pour un État de droit dans ce pays. Lui qui a détourné de l’argent veut se cacher derrière moi ? Je ne vais pas accepter ce genre de choses. Laissons la justice faire son travail », aurait répondu Félix Tshisekedi, selon Kabuya.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où, Matata Ponyo, sur TV5 Monde, avait accusé le régime en place d’avoir manipulé la justice pour le condamner dans l’affaire du détournement des fonds publics destinés à la construction du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. L’ancien Premier ministre estime avoir été victime de son refus de rejoindre le gouvernement de Kinshasa, qu’il juge gangrené par la corruption, le détournement et la mauvaise gestion.
Par ailleurs, la réaction du camp Matata ne s’est pas fait attendre après les propos de Kabuya.« Les déclarations d’Augustin Kabuya sont une honte. Depuis 2021, Matata a constamment décliné la possibilité de collaborer avec Tshisekedi. Eberande lui avait également demandé de travailler aux côtés de Tshilombo, mais la réponse a toujours été négative », a affirmé un proche de Matata cité par le journaliste Steve Wembi.
La Rédaction