Nord-Kivu : les élèves paient le prix de l’agression rwandaise

La velléité rwandaise, qui se traduit par la guerre qu’elle impose à la RDC dans sa partie orientale, n’épargne aucun secteur. L’éducation, censée être protégée et encadrée, subit un choc énorme quant à sa pérennité. Elle porte aujourd’hui les stigmates de dommages collatéraux, constatés notamment à travers la destruction des établissements scolaires à la suite des bombes lancées dans des zones civiles.À Masisi, au Nord-Kivu, un territoire contrôlé par l’armée rwandaise sous couvert du M23, plusieurs infrastructures scolaires ont été réduites en cendres par des bombardements, tandis que d’autres ont été vandalisées et pillées par les combattants.

En 2026, une multitude d’écoliers étudient sans pupitres, sous les arbres, et sont exposés à de nombreux risques. Renseigne un témoin interrogé par Actualité.cd :« Notre école a été victime des bombardements. Nous n’avons plus de bâtiments. Lors du retour sur nos lieux après le déplacement, nous avons trouvé toute l’école incendiée. Les enfants sont là, ils apprennent dans de mauvaises conditions, parce qu’il n’y a pas de bancs ni de bâtiments. Quand il pleut, élèves et enseignants sont obligés de rentrer à la maison, faute de moyens pour continuer les cours. Il n’y a ni pupitres ni bancs », témoigne Abraham Bandu, directeur de l’école primaire 2 Mutunza, à Kimoka-Sake.

Le bilan s’élève à plus de 431 000 enfants non scolarisés dans cette entité provinciale, tandis que 1 142 écoles sont hors fonctionnement. Les jeunes filles âgées de 10 à 17 ans n’ont plus la possibilité de fréquenter l’école ; elles sont exposées soit au mariage précoce, soit à des formes d’exploitation sexuelle, renseigne Actualité.cd.

Face à cette situation de grande cruauté, ActionAid RD Congo et son partenaire de mise en œuvre, Action des Volontaires pour la Solidarité et le Développement (AVSD), ont mis sur pied un projet d’éducation en urgence et de protection dans la zone de Kinotshe, à Masisi.L’objectif est de permettre aux enfants de bénéficier d’une éducation de qualité et de services de protection adéquats, tout en intégrant également les femmes victimes de l’agression rwandaise.« Les enfants et les femmes de Masisi ont besoin d’espaces sûrs pour apprendre, se reconstruire et espérer un avenir meilleur. Ce projet est une réponse concrète à leurs besoins et s’appuie sur la force des communautés locales pour créer des changements durables », a souligné Yakubu Mohammed Saani, chef de mission d’ActionAid RDC.

Cette initiative salvatrice a été saluée par Faustin Kibanja, sous-proved de la sous-division Éducation et Nouvelle Citoyenneté de Bweremana, dans le territoire de Masisi. Il a également lancé un cri de détresse à l’endroit des personnes de bonne volonté afin de venir en aide aux enfants de cette contrée longtemps meurtrie.

La Rédaction

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