Après Delly Sessanga et Moïse Katumbi, Constant Mutamba fixe à son tour les conditions pour la tenue d’un dialogue intercongolais. Dans une lettre publiée le 5 janvier 2026 depuis sa cellule, l’ancien ministre de la Justice a énoncé plusieurs préalables à l’organisation de cette assise : la décrispation politique, les garanties sécuritaires ainsi que les garanties de sincérité et de bonne foi.
Leader du parti politique Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), Constant Mutamba Tungunga a, dans une lettre écrite de sa propre main depuis son lieu d’incarcération, donné sa position sur l’organisation d’un dialogue national et inclusif. Ce 5 janvier 2026, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 a formulé une proposition articulée autour de trois axes majeurs : la décrispation politique, les garanties de sécurité et les garanties de sincérité.
« En attendant la publication de la feuille de route, de la liste des médiateurs et du format de ce dialogue, l’opposition républicaine congolaise, dont je suis le chef de file, pose les préalables suivants : des mesures sérieuses de décrispation politique doivent être prises en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes… Des garanties sérieuses de sécurité et de confiance doivent être données pour assurer le retour des opposants se trouvant hors du territoire national. Des garanties de sincérité et de bonne foi doivent également être sollicitées », a-t-il écrit.
Poursuivant sa rédaction, celui qui se réclame chef de file de l’opposition républicaine a rappelé que ce dialogue ne doit pas être une occasion de repositionnement politique, encore moins de béatifier ceux qui ont pris les armes contre la République.« Ce dialogue ne doit pas être un cadre de partage du pouvoir, ni une blanchisserie pour les compatriotes qui trahissent le pays au profit des étrangers Rwanda en prenant les armes pour tuer nos concitoyens et piller nos ressources naturelles, sous des prétextes individuels fallacieux et tribalo-ethniques.Soixante-six ans après, notre État indépendant n’a plus besoin de ces comédiens opportunistes qui nous font reculer chaque année », a-t-il ajouté.
Depuis le 2 décembre 2025, Constant Mutamba a été condamné à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction d’accès à toute fonction publique pour détournement de fonds publics destinés à l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours , survenue à Kisangani et ayant opposé les armées rwandaise et ougandaise. Malgré ses déclarations devant la Cour de cassation affirmant n’avoir jamais touché ne fût-ce qu’un dollar américain de ces fonds, les juges ont rendu un arrêt le condamnant à une peine d’emprisonnement.
Le président de la République avait, lors d’une rencontre d’échange de vœux avec les ambassadeurs accrédités à Kinshasa, exprimé son intention d’organiser un dialogue congolais. Depuis cette annonce, aucune feuille de route ni aucun cahier des charges n’ont été rendus publics pour définir les modalités concrètes de sa mise en œuvre.
La RDC traverse actuellement une période cruciale, marquée par des velléités de balkanisation de plus en plus visibles. Face à cette situation, quelle doit être la priorité : l’organisation d’un dialogue national ou la fin de l’agression dont le pays est victime ?
La Rédaction